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Par Jeanne-Martine Vacher

Qui est virginie Couffin ?

« J’ai posé sur une console les deux assiettes en grès, incrustées de végétal, à la forme rare d’huître plate, puis j’ai disposé sur un bureau ancien les six délicates petites tasses de porcelaine. Sans les toucher, jour après jour, j’ai contemplé ces objets qui évoquaient deux mondes très différents de la céramiste et sculptrice, Virginie Couffin. Les uns jouent avec les formes et les matériaux, le doux et l’escarpé. Les autres, avec le lisse, le brillant et le dessin.

Dans un premier temps, charmée par leur beauté décorative et  leur précieuse singularité, je ne les ai pas utilisés car je craignais de les frotter au quotidien.
Puis, peu à peu, à force de les regarder, j’ai eu envie de les apprivoiser, comme on le ferait d’un être vivant, de les approcher vraiment, de les toucher. Ainsi, chacune de ces pièces s’imposa doucement à moi comme une invitation au voyage, au dialogue. Un dialogue avec le monde et l’histoire de Virginie Couffin qui avait laissé-là, tendrement, fermement, son empreinte.

“Empreinte”: tel est bien le mot qui pourrait être le sésame de cet univers qui, pour celle qui le créa, tout autant que celui qui en jouit, est art vivant, affaire de peau, rapport au temps.

L’Empreinte, dans l’univers de Virginie Couffin, est, tout d’abord, celle de son parcours qui la porta de la sociologie, au Samu social, jusqu’à l’art-thérapie, pour découvrir, enfin, que ce qui la faisait vibrer était par dessus- tout l’art en ce qu’il est autant création que médiation.

L’Empreinte, c’est aussi celle de la terre : planète ou matériaux qui la constituent. Des matériaux qu’elle glane avec ferveur dans la nature. Le vivant dans sa « brutalité », la création dans sa sophistication. Comme Virginie Couffin, pour être une céramiste d’exception, il faut pouvoir allier savoirs et sensations, imaginaire et raison, maîtrise et surprise. Il faut être un peu alchimiste, un peu sorcière, aimer jouer avec la chaleur et le feu, maîtriser la chimie, savoir faire écouter la terre, la faire chanter, impulser des rythmes, dompter la couleur. Ainsi l’empreinte, laissée sur ses œuvres, est aussi empreinte digitale, car du bout de ses doigts, du creux de ses mains, du profond de ses rêves, Virginie fait surgir un monde qui devient le nôtre, faisant vivre le Beau dans notre quotidien. Du Beau où porter ses lèvres, poser ses mains, du Beau qu’à son tour l’on fait vivre, grandir en jouant avec les nuances colorées d’un fruit sur les camaïeux de grège d’une assiette, avec la sensualité d’un liquide, métamorphosée au contact de la douceur caressante des émaux d’une tasse … du Beau où faire éclore des fleurs, du Beau enfin pour d’autres objets, d’autres sculptures devenus indispensables à l’enchantement de notre quotidien…

Aujourd’hui lorsque j’utilise la vaisselle de Virginie Couffin, lorsque je regarde ses sculptures, s’impose à mon esprit cette question du poète à laquelle elle semble donner réponse: “Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » »

 

Jeanne-Martine Vacher